Il existe des endroits que seuls les enfants au cœur rêveur peuvent découvrir.
Des lieux cachés où la magie danse entre les arbres, où les pierres brillent d’une étrange lumière, et où de petites créatures vivent loin du regard des humains.
Dans ce monde mystérieux vivent des lutins farceurs, des gobelins malicieux et d’étonnants gardiens de trésors anciens.
Certains aiment rire et jouer… d’autres préfèrent préparer des bêtises. Mais tous protègent un secret que beaucoup aimeraient posséder.
Un jour, Charline va découvrir que ce monde existe vraiment.
Et sans le savoir, elle s’apprête à vivre une aventure extraordinaire avec tous les enfants qui veulent la suivre…
Alors installe-toi confortablement.
Prends une grande inspiration…
Et ouvre les portes de ton imagination. ✨
L’histoire peut commencer…
Chapitre 1: L’appel du sommeil
1er texte substack 14/5/26
A l’automne 1987, Charline venait d’avoir neuf ans et à peine la rentrée scolaire entamée depuis quelques jours, elle voyait ses amies à nouveau avec qui elle pouvait jouer. Elle vivait avec ses parents et son petit frère de cinq ans dans une maison située à Raon-l’Étape, une petite ville mystérieuse qu’on surnommait « La Porte des Vosges », dont les pierres en grès rouge reflétaient une magie, quand chaque enfant laissait son imagination faire un long chemin.
“La porte des Vosges”, on le murmurait comme un secret ancien, car Raon-l’Étape se trouvait là avec la croyance des habitants qui continuait d’exister à la lisière du grand massif des Vosges, où les montagnes semblaient veiller et chuchoter des paroles magiques par moment dans la nuit et le vent en cette saison d’automne.
A la fin de chaque année depuis des siècles, les anciens croyaient qu’au coucher du soleil, la ville devenait un passage entre deux mondes : celui des hommes et celui des êtres magiques de la forêt. Et, si l’on prêtait l’oreille, on pouvait entendre l’écho des légendes dans les vents qui caressent les sommets. Charline était rêveuse et curieuse à la fois, prête à percer les secrets des sommets qui l’entouraient.
Charline avait cru voir un jour, en quelques instants dans l’espace de son imagination, comme si elle ouvrait une porte de lumière, un gobelin pas très beau avec un front dégarni et de grands cheveux ébouriffés sur les côtés. Un instant lui avait suffi pour qu’elle se dise qu’elle n’en parlerait jamais à son frère de cinq ans qui serait effrayé. Puis, elle avait chassé cette image en la remplaçant par un personnage lumineux avec des couleurs. Elle s’imaginait souvent en train de regarder la marionnette de son père avec laquelle il savait si bien la faire rire avec son frère.
Dix sept heures sonnaient à la vieille horloge du salon, récupérée chez un brocanteur par son père qui devenait fou de vieux objets lorsqu’il en voyait, et Charline venait de terminer une série de nœuds de macramé avec la ficelle épaisse qu’elle tenait dans les mains. Elle les disposa les uns à côté des autres autour d’une baguette ronde et horizontale en bois, telle qu’une tringle à rideau derrière une vitre.
Son frère jouait avec des petites voitures que le père Noël lui avait offertes l’année précédente, pour lesquelles ses parents lui avaient réservé un endroit spécial pour éviter de jouer sans trébucher sur celles-ci. Mais, il jouait à ce moment sur le sol du salon pour ne pas rester seul dans sa chambre.
_ Vroum! Vroum! Tu vois ma nouvelle voiture Charline! C’est la plus belle des voitures américaines que j’ai!
_ Oui! Noé! Je sais, je sais , dit-elle à son frère qui ne faisait que répéter les paroles de son père Sébastien, lorsqu’il jouait avec lui! Tu ne vois pas que j’essaie de réaliser un nœud en spirale torsadée. Fais un peu moins de bruit, je me concentre.
Charline, contrariée, savait bien que son frère ne pouvait pas s’empêcher de se vanter de posséder sa voiture préférée sans se lasser.
_ Fais donc de la peinture, ajouta-t-elle! Cela nous fera plus de calme!
Tout comme elle, Noé faisait des créations artistiques, mais au bout de quelque temps, il ne pouvait pas s’empêcher de remuer la maison dans tous les sens comme la plupart des garçons de son âge.
_ Oh, Charline je vais découper ta ficelle en morceaux, plaisanta-t-il à nouveau avec son sourire au coin en regardant son attrape-rêve qu’elle fabriquait!
_ Tu n’as pas intérêt à faire ça, lui répondit sa sœur énervée, sinon je jetterai ta voiture par la fenêtre quand tu auras le dos tourné!
_ Si tu fais ça, Axellou viendra te prendre tes affaires de dessins, rétorqua Noé!


