
“Ce soir la nuit m’appartient, et plus qu’à l’heure-ci!
Et plus j’entends les voix me monter dans mon esprit!
Là pour te livrer les cadences de ma vie,
M’accrochant les poignets par des écrous certis.
Je me laisse si bien aller dans tes grands bras,
Dans l’immédiat, j’ai l’impression que tu es là.
Mettant de l’ordre dans mon cerveau retourné,
Des moments heureux et malheureux tant filmés.
Je me souviens de cette nuit douloureuse
Comme des diaments dérobés, un Amour nu,
Je me languissais à être si bien déchu.
Ton être m’abandonna sous la forme d’yeux,
Qui m’avait couvert si tendrement d’amour.
J’avais mal aux oreilles comme un sourd.”
Dans ce texte, je ne cherche pas à raconter une séparation de manière classique. J’essaie surtout de transmettre un état intérieur, presque une descente émotionnelle et psychique.
Je parle :
des voix qui tournent dans mon esprit,
de la mémoire qui revient par vagues,
et d’une douleur qui devient presque physique.
À travers certaines images, j’exprime :
un enfermement émotionnel,
une nuit intérieure,
et cette sensation d’effondrement après une rupture.
Les phrases les plus sombres traduisent surtout :
le manque,
la confusion,
les souvenirs qui reviennent sans arrêt,
et le contraste entre la douceur de l’amour vécu et la brutalité du vide laissé après.
Quand j’écris :
“Ton être m’abandonna sous la forme d’yeux”,
je pense surtout au dernier regard, à cette présence qui disparaît lentement mais qui reste gravée dans la mémoire.
Ce poème mélange volontairement :
le lyrisme,
les images mentales,
la douleur,
et des sensations presque irréelles,
comme si la séparation devenait une présence dans la pièce et dans le corps lui-même.

