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Comment Guillaume Ferry a transformé sa vie en art du bois
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Comment Guillaume Ferry a transformé sa vie en art du bois

Découvrez comment il a quitté les ambulances pour devenir tourneur d’art sur bois, transformant une vocation éprouvante en métier créatif.
un tourneur sur bois travaille dans son atelier dans les copeau de bois

Bonjour et bienvenue, comment allez vous?

Pendant seize années, Guillaume Ferry a sillonné les routes du Grand Est au rythme des appels d’urgence, des détresses soudaines et des vies suspendues à un geste précis. En bref, tout type de transport sanitaire. Être ambulancier, pour lui, n’était pas un simple métier : c’était une présence, une vigilance, une manière de tenir la main de ceux qui vacillaient. Dans l’habitacle du véhicule de secours, il avait appris à écouter les silences, à reconnaître les respirations qui s’accélèrent, à sentir l’instant où tout peut basculer. Mais derrière les gyrophares, derrière les interventions qui s’enchaînent sans laisser le temps de respirer, une autre vie attendait son heure. Une vie faite de bois, de gestes lents, de création. Une vie qui, longtemps, n’a été qu’un murmure. Un souffle dans le temps.

Pour comprendre cette transition radicale, il faut revenir à une journée de mars 2018, une journée qui a marqué mon esprit comme une empreinte de sympathie avec lui. Il était midi lorsque Guillaume et moi avons pris notre service pour la première fois ensemble. Nous avons fait connaissance en nous rappelant du “déjà vu” en se croisant dans d’autre sociétés d’ambulances sur Nancy.

Séance de rigolade pendant le trajet en parlant des personnes communes que nous connaissions avec qui nous avons vécu des situations à peu prêt similaires, car on ne s’ennuie jamais dans une ambulances, pour dire vrai; la diversité des situations ne se présente jamais sous les mêmes attraits. Cette fois-ci, celle-ci en faisait partie.

À peine trente minutes plus tard, nous nous retrouvions dans un village rural de Meurthe-et-Moselle pour prendre en charge un patient que Guillaume connaissait bien. Fragilisé par une maladie chronique nécessitant des soins réguliers, cet homme refusait parfois de suivre son traitement, épuisé par la répétition des rendez-vous médicaux.

_ Il ne manquerait plus qu’il nous fasse ce coup encore aujourd’hui, dit soudain Guillaume pour mettre le boss de mauvaise humeur, alors que nous étions arrivés avec un peu d’avance!

Ce jour-là, le silence était total lorsque nous sommes sortis du véhicule avec le brancard en main devant chez lui. Pas un mouvement derrière les volets. Pas une réponse au téléphone. Juste cette inquiétude sourde qui monte dans la poitrine quand l’expérience murmure que quelque chose ne va pas. Les minutes s’étirent, lourdes, presque oppressantes. Vous savez, c’est comme sur le tranchant d’une lame.

Nous décidons de ne pas attendre davantage: Nous appelons notre entreprise et les pompiers pour une ouverture de porte en urgence. Une décision qui n’a rien d’anodin, mais qui peut sauver une vie.

En arrivant, le plus jeune et le plus agile des pompiers grimpe sur le mur pour accéder à une fenêtre à la hauteur d’un mètre soixante. Ce dernier revient à la porte pour l’ouvrir de l’intérieur pour laisser rentrer les trois pompiers et nous deux. Enfin, la scène retire nos craintes, car ce n’était pas la première fois qu’il faisait le coup comme je vous l’ ai dit . Le patient était tranquillement assis sur son fauteuil. Une intervention amusante selon le point de vue, car un personnage de film se trouvait devant nous, empruntant la façon de parler des gens du coin accompagnée avec l’humeur du jour.

Une journée qui commençait bien pour nous dans le métier où on s’ennuie jamais, parfois dans sa noblesse. Ce moment partagé avec mon collègue allait devenir le début d’une complicité professionnelle, mais aussi le premier chapitre d’une histoire qui, des années plus tard, prendrait une tournure inattendue à mes yeux. Je voyais un sourire tendre et un regard d’artiste chez Guillaume à donner vie au forme des situations parfois que nous avions vécus en sa présence.

Le métier d’ambulancier est un engagement total, mais il laisse peu de place à soi-même. Peu de place au calme, à la création, à la respiration. C’est dans ces interstices, dans ces rares moments de pause, qu’une passion ancienne est revenue frapper à sa porte : le travail du bois.

Installé aujourd’hui à Neuves-Maisons, Guillaume Ferry a fondé son atelier, Un Tour au Bois, où il façonne des objets uniques à partir d’essences locales. Diplômé d’un CAP Art du Bois, il a troqué le volant de son véhicule de secours contre des gouges, des bédanes et un tour à bois traditionnel. Dans son atelier, le silence stressant des interventions d’autrefois a laissé place au doux sifflement des copeaux qui volent et à l’odeur chaleureuse du chêne, du frêne ou du noyer. Son talent réside dans sa capacité à observer une simple bûche brute, à en deviner les veines cachées, les imperfections, les promesses, pour la transformer en un objet singulier : saladiers délicats, stylos raffinés, vases sculpturaux, pièces d’ornement poétiques.

Reconnu par la Région Grand Est pour son artisanat d’art, Guillaume ne se contente pas de façonner la matière. Animé par la volonté de transmettre, il ouvre régulièrement les portes de son atelier à ceux qui souhaitent s’initier aux gestes ancestraux du tournage. Après avoir veillé sur les corps, il prend désormais le temps de magnifier le bois — et d’accompagner ceux qui, comme lui autrefois, cherchent un espace où le monde ralentit enfin.

Pour terminer ce podcast, voici les liens ci-dessous sur Guillaume qui pourraient vous intéresser:

Je vous souhaite une agréable journée. Prenez soin de vous et de vos proche. A très bientôt.

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